Black Man // Richard Morgan

Sur une Terre du futur, les dernières guerres se sont livrées à grand renfort de super-soldats génétiquement modifiés, les “variantes treize”, des mutants renouant avec l’instinct et l’agressivité des hommes primitifs d’avant l’émergence de la civilisation. Mais lorsque les guerres furent terminées, les “treize” furent exilés, sur les colonies martiennes ou dans des camps de prisonniers. Personne ne voulait de ces prédateurs pour voisin. Ceux qui résistèrent furent traqués et éliminés.

Carl Marsalis est un treize qui a su tirer son épingle du jeu : travaillant pour les Nations Unies, sa mission est de retrouver ses semblables renégats, morts ou vifs. Mais lorsqu’il se retrouve incarcéré dans une prison de Floride pour avoir financé un avortement  (pratique interdite dans la République Confédérée, surnommée “Jesusland”), le salut ne vient pas de ses employeurs, mais de COLIN, l’Initiative Coloniale, qui gère les affaires martiennes. Car un évènement sans précédent vient de se produire : un treize s’est échappé de la planète rouge et est parvenu à revenir sur Terre, laissant sur son passage une traînée de mort, de mutilation et même de cannibalisme. COLIN souhaite l’aide de Carl pour mettre ce psychopathe hors d’état de nuire. Carl ne se doute pas (et de toute façon se moque éperdumment) des implications et des répercussions de cette chasse à l’homme…

Black Man est un roman de Richard Morgan, qui avec son premier roman Carbone Modifié (Altered Carbon) était devenu l’un des nouveaux pontes du cyberpunk de l’ère post-Gibson. Black Man est un thriller haletant et ultraviolent, qui évoque un Blade Runner sous stéroïdes. Son héros, étrangement tiraillé entre une droiture incorruptible de samouraï et un comportement dépourvu d’empathie envers le reste de l’humanité (le “bétail”), constitue un paradoxe intéressant dans ce monde futuriste miné par l’hypocrisie et les faux-semblants. L’histoire en elle-même n’échappe pas à quelques écueils (illogismes, explications bancales pour justifier des rebondissements sortis d’on ne sait où, recours un peu systématique au sexe et à la violence), mais il faut lire Black Man comme un tour de montagne russe : à la fin, on n’a pas tout compris mais on en tremble encore.

Inspiration Shadowrun : Une série de meurtres sanglants à travers toute l’amérique du nord fait la une des réseaux d’informations depuis plusieurs semaines. Mr Johnson, un quidam apparemment sans histoires, recrute les runners pour assurer sa protection : il pense être la prochaine cible. Malheureusement, les runners ne parviennent pas à empêcher le tueur – un homme froid, calculateur et dénué de sentiments – d’éliminer leur client. Désormais traqués par des forces spéciales du gouvernement qui cherchent à éliminer les témoins, les runners doivent faire la lumière entre le tueur et le crash d’une navette corporatiste de retour des habitats orbitaux…

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