Spook Country // William Gibson

>> Voir aussi : Indentification des schémas (Littérature)

Spook Country (litt. “le Pays des Spectres” mais aussi “le Pays des Espions”…) est la suite d’Identification des Schémas. Ou plutôt, c’est une autre histoire prenant place dans le même univers que ce précédent roman, un âge contemporain qui ressemble à notre monde mais pas tout-à-fait. Le livre est sorti en français sous le titre “Code Source“, qui me semble bien mal choisi, renvoyant de manière opportuniste à la période cyberpunk de Gibson et niant par là-même la vraie nature du roman, celle d’un roman noir et d’espionnage.

Spook Country suit les destins croisés d’une multitude de personnages : Hollis Henry, ancienne rockeuse reconvertie dans le journalisme, doit réaliser un article au sujet de l’art locatif, une nouvelle forme d’art préfigurant la réalité augmentée, utilisant un repérage GPS pour afficher des images de synthèse à certains points de l’espace, images visibles uniquement des personnes portant des lunettes spéciales (évoquant irrésistiblement un autre roman de Gibson, Lumière Virtuelle). Milgrim est un junkie retenu contre son gré par un individu patibulaire nommé Brown. Brown a besoin de Milgrim en raison de sa capacité à déchiffrer le Volapük, un langage codé utilisé par la famille de Tito. Tito, justement, fait office de coursier pour un mystérieux vieil homme. L’objet de la course ? Des iPods au contenu mystérieux… et très convoité.

Plus encore qu’Identification des Schémas, Spook Country cristallise la paranoïa américaine post-11 septembre. Gibson (lui-même émigré au Canada) y retrouve la verve contestataire dont certains regrettaient l’absence dans son précédent roman, dénonçant la montée en puissance d’individus corrompus qui utilisent la peur du terrorisme comme un bouclier derrière lequel cacher leurs propres malversations. Ceux qui sont en mesure de voir la vérité ne cherchent qu’à l’exploiter à leur avantage.

Comme toujours, la grande force de Gibson se révèle dans les petits à-côtés, les petites histoires qui se déroulent en marge de la grande. Paradoxalement, c’est aussi là que Spook Country tombe un peu à plat. Sa galerie de personnages peine à faire illusion autour d’une intrigue mollassonne, succession de tranches de vies vaguement liées entre elles par un mystère qui commence tout juste à se dévoiler aux deux-tiers du roman. Trop lent à démarrer, allant et venant des uns aux autres au fil de cours chapitres empêchant de vraiment s’immerger dans l’histoire (et qui m’ont bizarrement fait penser à une écriture de blog), ce roman est donc l’un des moins bons de l’auteur d’Idoru.

Mais qu’on ne s’y trompe pas : même son moins bon reste très bon, et renvoie une image de notre monde contemporain avec une acuité que beaucoup peuvent lui envier.

Inspiration Shadowrun : M. Johnson est un vieil homme affable qui a besoin des runners pour réceptionner un “colis” que doit leur remettre un coursier, membre d’une organisation criminelle spécialisée dans le piratage de données. Au moment de l’échange, une équipe de runners rivale intervient pour voler le colis. Mais il s’avère qu’ils s’agit en réalité d’agents spéciaux trop professionnels pour être honnêtes. Que contient le colis et qui tire les ficelles ? Et pourquoi les services secrets des UCAS s’intéressent-ils à toute cette affaire ?

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