Jeux d’Ombres // Nigel D. Findley

Toujours par deux ils vont, disait Maître Yoda à la fin de La Menace Fantôme. C’est aussi le cas des romans Shadowrun : après le duo 2XS + Ne traite jamais avec un Dragon, la deuxième vague des rééditions en texte intégral Black Book incluaient Choisis bien tes ennemis (critiqué il y a quelques jours) et Jeux d’Ombres. Tout comme 2XS, Jeux d’Ombres est un roman signé Nigel D. Findley, l’un des auteurs les plus respectés (et regrettés) de la gamme Shadowrun.

Et ce roman redoutable ne faillit pas à la réputation de son auteur. On y suit deux personnages principaux. D’un côté, Sharon Louise Young, surnommée Sly, une ancienne decker. Traumatisée après avoir frôlé la mort dans la Glace Noire, Sly a laissé tomber la Matrice pour se reconvertir en fixer. Au cours d’un boulot, le decker bossant pour elle obtient un mystérieux fichier crypté, qu’il lui refile en bonus. Le decker pense que le fichier porte la poisse, et il a tout à fait raison : ce fichier ne contient rien de moins que les germes d’une guerre corporatiste mondiale.

Tandis que Sly se retrouve dans la ligne de mire de diverses organisations cherchant à obtenir le fameux fichier (corporations, gouvernements…), la narration bascule vers le récit de Dennis Falk, dit Falcon, un jeune ganger des First Nations. Âgé d’une quinzaine d’années, Falcon a senti l’appel des totems, mais ne sait pas comment y répondre. Poursuivi par une bande de trolls d’un gang rival, Falcon s’enfuit dans une ruelle et tombe sur Nightwalker, un shadowrunner salement blessé. En choisissant d’aider cet inconnu, Falcon va mettre le pied dans un beau sac-de-nœuds. Évidemment sa route va croiser celle de Sly, et tous deux devront trouver comment empêcher la guerre corporatiste et faire en sorte qu’aucune organisation ne puisse mettre la main sur les fameuses données…

Jeux d’Ombres est une lecture addictive. L’action est trépidante, la narration fluide, l’histoire prenante. Les deux personnages principaux ont suffisamment de profondeur pour être attachants, même si l’on peut regretter que le reste du casting soit peu fouillé, à l’exception de quelques contacts suffisamment détaillés pour être intéressants, comme Modal, l’elfe noir utilisant des drogues pour étouffer ses émotions, ou Agarwal, le decker retraité amateur de voitures de collection. Côté révélations et construction de l’univers Shadowrun, Findley place la Cour Corporatiste de Zurich-Orbital sous les projecteurs, et explique les causes possibles du Crash de 2029. L’auteur glisse même quelques références à 2XS en passant.

Voilà donc un roman très solide, fait de complots, de trahisons, de morts brutales et de morceaux de bravoure. Moins “surnaturel” que 2XS, il n’en est pas moins sombre et parfois glauque (dans la guerre corporatiste, tous les coups sont permis). Le seul défaut du roman est la multiplication des coïncidences : les personnages se trouvent toujours au bon (ou au mauvais) endroit au bon (ou au mauvais) moment pour faire avancer l’intrigue. C’est particulièrement flagrant dans le dernier tiers du roman, même si globalement ce travers de l’auteur reste moins prononcé que dans 2XS.

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