Dredd // Pete Travis

Le personnage du Juge Dredd (Joe de son petit nom — si si, je vous assure) a fait son apparition en 1976 dans les pages de la revue britannique 2000 A.D.. Les comics originaux prennent place au tournant du XXIIème siècle, sur une Terre dévastée surnommée “la Terre Maudite”. Au cœur des paysages désolés et radioactifs peuplées de mutants et autres créatures dégénérées, quelques enclaves humaines subsistent, surpeuplées et en proie à une violence quotidienne.

Mega-City One est l’une des ces enclaves, une tentaculaire conurbation s’étendant de Boston à Washington D.C. Abritant 800 millions d’habitants, Mega-City One est un cauchemar urbain où sont commis 17 000 crimes chaque jour. Pour endiguer la prolifération des gangs, une caste de super-flics aux méthodes expéditives a été mise en place. A la fois agents de terrain, jurés, et exécuteurs, ces policiers de choc sont appelés les Juges. Parmi eux, Joe Dredd est le plus efficace et le plus brutal, appliquant la loi sans concession.

Judge Dredd avait déjà été adapté au cinéma en 1995, avec Sylvester Stallone dans le rôle-titre. Une adaptation bien éloignée du ton du comics original, qui avait causé l’ire des fans comme des créateurs du personnage. Cette version, véritable nanar de science-fiction, n’encourageait pas l’optimisme quant à un nouveau film mettant en scène Dredd. Co-production anglo/sud-africaine sortie en salles en 2012, cette nouvelle version s’avère pourtant très réussie.

On y suit une journée dans la vie de Dredd (cette fois-ci incarné par Karl Urban), qui se retrouve flanqué d’une jeune recrue, Cassandra Anderson (Olivia Thirlby), avec pour mission de l’évaluer sur le terrain. Anderson fait un Juge un peu spécial, puisqu’elle possède des pouvoirs psychiques. Les deux Juges se rendent alors dans un “bloc” (une sorte d’arcologie) délabré au nom délicieusement ironique de “Peach Trees”, où un triple homicide a été commis.

Il s’avère que Peach Trees est sous l’égide du gang dirigé par la sanguinaire Madeline “Ma-Ma” Madrigal (Lena Headey). Ma-Ma contrôle une nouvelle drogue appelée Slo-Mo, qui ralentit la perception de l’utilisateur (une méthode astucieuse et originale de justifier les ralentis lors des fusillades). Ne souhaitant pas voir des Juges s’immiscer dans ses petites affaires, Ma-Ma scelle alors le bloc, piégeant Dredd et Anderson à l’intérieur. Commence alors une véritable guerre pour le contrôle des 200 étages de ce tombeau de béton et d’acier…

Avec son intrigue simple mais efficace, sorte de mix entre Die Hard, New York 1997 et The Raid, Dredd tire le maximum de son (relativement) petit budget en se concentrant sur l’essentiel. Le film de Pete Travis propose un film d’action brutal aux images léchées, parvenant à doter même les séquences gores d’une indéniable beauté plastique. Moins tape-à-l’œil que le film de 1995, Dredd évite le piège du kitsch et du carton pâte.

Si le film est une réussite, c’est également grâce à ses acteurs. Karl Urban s’avère plus que convaincant dans le rôle de Dredd, parvenant même à instiller de subtiles et essentielles variations dans son expression au premier abord éternellement contrariée. Si on pouvait craindre que la “jeunette” Olivia Thirlby serait le point faible du film dans le rôle d’Anderson, il n’en est rien. Personnage le plus “équilibré” du film, Anderson va connaître une vraie évolution au cours de ce qui sera son baptême du feu. Les rapports entre Dredd et sa recrue sont d’ailleurs traités avec beaucoup de finesse et d’intelligence (pour un film de ce type), apportant finalement la touche d’humanité nécessaire pour que l’on puisse s’attacher à ces super-flics sans états d’âme. Dans le rôle de Ma-Ma, Lena Headey campe une méchante bien plus mémorable que ceux du film précédent.

Dredd s’avère donc une excellente surprise : un bon film d’action dans un univers cyberpunk, avec une bonne histoire, de bons personnages, de bons acteurs, une bonne mise en scène et de bons effets spéciaux. Injustement passé inaperçu, il mérite d’être redécouvert d’urgence.

Inspiration Shadowrun : Lorsqu’une guerre des gangs éclate au sein du ACHE (Arcology Commercial and Housing Enclave), les runners se retrouvent piégés dans le complexe. Il s’avère qu’un stock de Tempo attise toutes les convoitises, et que différents gangs et Cartels fantômes sont prêts à tout pour le récupérer, tandis que les forces de Knight Errant tentent de reprendre le contrôle des lieux. Les runners vont devoir choisir à qui s’allier pour survivre à ce qui s’annonce une longue nuit…

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