Loup Solitaire // Nigel D. Findley

Troisième roman Shadowrun de Nigel Findley à bénéficier d’une nouvelle traduction française, Loup Solitaire se déroule en 2054, et met en scène Rick Larson, un flic de la Lone Star infiltré au sein du gang des Cutters. L’occasion pour l’auteur de donner une vision “de l’intérieur” de ce gang emblématique de Seattle, alors que la ville vit dans la paranoïa d’une nouvelle épidémie de SIVTA.

Lorsque les Cutters rencontrent les représentants d’une mystérieuse mégacorporation elfique, Larson croise le regard du mystérieux “M. Nemo” et réalise qu’ils se sont déjà vus par le passé. La couverture de Larson vole en éclat et il devient un homme traqué à la fois par les Cutters, qui veulent sa peau, et d’autres organisations. Réalisant qu’il est devenu le proverbial “homme qui en savait trop”, mais lui-même n’est pas sûr de ce qu’il a bien pu découvrir de si important…

Sans amis, sans alliés, sans personnes de confiance vers qui se tourner, Larson n’a d’autre choix que de se tourner vers les Ombres, et faire appel à des shadowrunners, qu’il considère pourtant comme la lie de la rue. Mais il va découvrir que les shadowrunners sont loin des clichés fermement ancrés dans son esprit formaté par l’entraînement de la Lone Star et la propagande corpo…

Loup Solitaire propose une intrigue sympathique, divisée en deux parties bien nettes : la première moitié se focalise sur la vie de Larson au sein des Cutters, tandis que la seconde se concentre sur la cavale du flic déchu et son enquête visant à démêler les liens unissant les Cutters, la fameuse corpo elfique, et le mystérieux M. Nemo. Le shadowrunner Argent, personnage récurrent de Findley, joue un nouveau un rôle majeur dans l’enquête de Larson.

Loup Solitaire souffre des mêmes éternels défauts des romans de Findley : les coïncidences y sont un peu trop faciles, les ficelles un peu trop grosses. C’est bien simple : tout ce que Larson découvre au cours de son enquête s’avère lié à la conspiration, même des choses apparemment sans rapport. A petites doses, c’est bien (c’est ce qu’on appelle le “Révolver de Chekhov“), mais lorsque ça devient systématique, l’intrigue perd une grande part de son mystère et donc de son intérêt. Dommage. A cela s’ajoute un fort degré de sexisme regrettable (les personnages féminins importants pour l’intrigue sont soit des bombes anatomiques toutes justes bonnes à alimenter les fantasmes du héros, soit des garces manipulatrices.)

Autre grief, le ton parfois étrange de la traduction française. Je n’ai pas lu le roman en version originale anglaise, donc je ne critique l’emploi d’un langage souvent grossier dans la narration de Larson, que je présume tout à fait en phase avec le texte d’origine. C’est plutôt le choix des expressions employées, souvent très “pittoresques” (rappelant le monologue de Lambert Wilson sur les jurons français dans Matrix Reloaded), qui pousse à se demander si le traducteur n’est pas tombé dans le piège de l’exercice de style trop voyant. Dans tous les cas, cette débauche de jurons m’a parue plus agaçante qu’autre chose.

Bref, Loup Solitaire est un roman Shadowrun correct, mais pas loin d’être le meilleur de Findley.

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