Borrowed Time // Robyn L. King

Robyn L. King, également connue sous le pseudonyme “Rat”, est une fan de longue date de Shadowrun ayant rejoint le groupe d’auteurs du jeu lors de la transition à la quatrième édition. Ayant consacré plusieurs fan-fictions à son alter-ego du Sixième Monde, le mage Winterhawk, ce dernier devient partie intégrante du canon en rejoignant les membres de Jackpoint, le réseau des Ombres ayant supplanté Shadowland après le Crash de ’64. Toutefois, King considère que ses fan-fictions se déroulent en dehors de la continuité canonique, mettant en scène une autre incarnation de Winterhawk. Cela n’empêche pas d’autres personnages issus desdites fan-fictions d’apparaître dans Borrowed Time, le roman écrit par mettant justement en scène Winterhawk (ou du moins, son incarnation canonique. Vous suivez toujours ?)

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Commençons par la première chose qui saute aux yeux dans Borrowed Time : la couverture. Comme Crimson, le roman peut se vanter de posséder une couverture pour le moins spectaculaire. On y voit Winterhawk en plein combat magique avec une sorte d’esprit s’étant constitué un corps en agglutinant divers cadavres, jusqu’à former un terrifiant homoncule de chair. Avant même de parler des qualités du roman en lui-même, il faut donc tirer notre chapeau à l’artiste, Ian Llanas, déjà à l’origine de la couverture de Crimson.

Alors que commence Borrowed Time, Winterhawk a laissé les Ombres derrière lui et s’est fait un nom en tant que spécialiste de l’identification d’artéfacts anciens. Comme Elijah dans Fire & Frost, Winterhawk a justement été recruté pour authentifier une telle relique. Pas de chance, il s’agit d’un piège : Winterhawk est drogué, capturé, et forcé d’accepter un boulot pour un M. Johnson particulièrement vicelard. Si Winterhawk refuse, un mystérieux poison expérimental le tuera d’ici quelques jours. En échange de l’antidote, Winterhawk accepte d’exfiltrer Toby Boyd, un botaniste nain employé par Shiawase. Mais c’est surtout l’artéfact aborigène déniché par Boyd au cœur de l’outback australien qui intéresse M. Johnson…

Pour l’aider à accomplir ce run, Winterhawk va faire appel à plusieurs shadowrunners : son ancien compagnon d’armes Ocelot; Dreja, la fière ork en croisade contre l’injustice; Scuzzy, jeune decker aussi doué dans la Matrice qu’inadapté dans le monde réel; Kivuli, la taciturne elfe adepte pistolero; et Tiny, un samouraï ork bas du front. Sans oublier Maya, l’esprit allié de Winterhawk ayant l’apparence d’un chat des mûres. Ce sera le début d’une course contre la montre qui les mènera des clubs les plus chauds de Los Angeles au désert australien parcouru de tempêtes mana aussi imprévisibles que dévastatrices…

Borrowed Time est une lecture très agréable : l’histoire est menée tambour battant, et ne requiert pas une connaissance pointue du Sixième Monde pour être compréhensible, l’auteur évitant sagement l’abus de jargon et autres concepts trop “techniques”. Assez proche de la thématique de Fire & Frost, le roman de R.L. King s’avère bien mieux maîtrisé, et propose quelques idées originales (la nature du poison administré à Winterhawk, par exemple) et de beaux morceaux de bravoure, en particulier une fois que l’équipe arrive en Australie. Seul regret : un final un brin confus car un peu vite expédié.

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