Limbo // Caspar Wijngaard & Dan Watters

Dedande City. Une petite ville quelque part dans le Sud, perdue au cœur du bayou, dirigée par la pègre du “Pouce”, un gangster sans pitié au visage dissimulé par un masque de catcheur mexicain. C’est là que s’est réveillé Clay, il y a déjà neuf mois, sans aucun souvenir de son passé ni de sa véritable identité. Devenu détective privé, Clay écume les bas-fonds et les troquets de Dedande City en quête de réponse. Sa seule amie : Sandy, une jeune houngan communiant avec les Loas vaudou par le biais de mixtapes composées par ses soins.

C’est alors que Clay rencontre la belle Bridget, chanteuse au cabaret du Pouce. C’est là qu’elle a assisté à quelque chose qu’elle n’aurait jamais du voir, et désormais elle pense que sa vie est en danger. Elle a besoin d’un détective pour la tirer d’affaire. Et quel détective saurait résister à une femme fatale, lorsque celle-ci se présente à son bureau de fortune, les larmes aux yeux et la lèvre tremblante ?

Commence alors pour Clay une périlleuse enquête aux frontières du réel, dans un monde éclairé au néon, où les Loas pactisent avec les hommes, où le bayou est hanté par des hommes-poissons dégénérés et leurs anciens dieux, et où les téléchamanes voyagent à travers les ondes de la télévision…

Je me suis intéressé à Limbo après l’avoir vu décrit comme un comics cyberpunk. Il y a certes quelques thèmes communs, mais Limbo est surtout une perle “néon-noir”, un concentré hallucinogène des années quatre-vingt. Un délire empruntant autant à David Lynch qu’au Videodrome de David Cronenberg, dont on imagine aisément que la bande-son, si elle existait, aurait été composée au synthétiseur par John Carpenter. Ce mélange ne devrait en toute logique pas fonctionner, mais les auteurs de Limbo réussissent ce tour de force. Le scénariste Dan Watters parvient à insuffler beaucoup de style aux dialogues, tandis que le dessinateur Caspar Wijngaard réalise un formidable travail artistique, créant une esthétique rappelant autant le mouvement Retrowave que la peinture sur velours noir.

Inspiration Shadowrun : En l’espace de quelques mois, un gangster au look de luchador est devenu le nouveau parrain de la pègre du métroplexe. Certains le soupçonnent de bénéficier du soutien occulte de puissants esprits, et ont engagé les runners pour découvrir son secret. Cela les met sur la piste du bras droit du parrain, un chamane possédant un esprit mentor inattendu : le totem Tridéo…

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