Devil Summoner: Soul Hackers

Originellement sorti en 1997 sur Saturn, Devil Summoner: Soul Hackers est un dérivé de la tentaculaire saga Shin Megami Tensei (“MegaTen” pour les intimes). Bien qu’ayant chacun son propre cadre scénaristique et son propre gameplay, les jeux de la nébuleuse MegaTen ont un principe commun : ils se déroulent dans un univers plus ou moins proche où il est possible d’invoquer des esprits appelés “démons” grâce à son ordinateur. Magie et technologie cohabitent, tandis que les forces de l’Ordre et du Chaos s’affrontent en coulisses pour déterminer le destin de l’humanité. Soul Hackers reprend ce principe, mais au sein d’un univers cyberpunk, ce qui permet de tracer des parallèles intéressants avec Shadowrun.

Le joueur se glisse dans la peau d’un hacker, membre d’un groupe néo-anarchiste appelé “Spookies”. Les Spookies sévissent au sein du métroplexe Amami City, une vaste conurbation à la pointe de la technologie. C’est à Amami City que la mégacorporation Algon Soft expérimente Paradigm X, un réseau en réalité virtuelle dernier cri. Au moment où commence le jeu, Paradigm X est en phase de Bêta, et seule une poignée de chanceux peuvent explorer ses allées numériques. Évidemment, les Spookies rêvent de mettre la main sur une accréditation Bêta afin d’y jeter un œil.

C’est d’ailleurs là-dessus que commence le jeu : le protagoniste (nommé par le joueur) et sa petite amie Hitomi (elle-même membre des Spookies) ont réussi à pirater la base de données d’Algon Soft afin de s’inscrire sur la liste des Bêta-testeurs. Très vite, toutefois, ils découvrent que quelque chose de bizarre se trame dans le réseau : une entité non-identifiée mais indéniablement malfaisante tente de dévorer l’âme du héros, qui ne doit sa survie qu’à l’intervention de Kinap, un esprit ayant l’apparence d’un Coyote. Quant à Hitomi, elle se retrouve bientôt possédée par “Nemissa”, une conscience numérique cherchant à s’échapper de sa prison virtuelle. Hitomi devra apprendre à cohabiter avec sa passagère clandestine, qui, par chance, n’est pas animée de mauvaises intentions malgré une personnalité aux antipodes de celle de son hôte.

Évidemment, ce n’est que le début des ennuis pour nos héros, qui découvrent bien vite que des créatures issues d’un autre plan d’existence utilisent Paradigm X pour s’infiltrer dans notre réalité, le tout orchestré par une société secrète appelée Phantom Society. Grâce à une sorte de cyberdeck appelé le GUMP (“Gun-Computer”), le joueur devient lui-même un Invocateur, capable de communiquer et pactiser avec ces esprits. Mais un mystère demeure : le lien reliant la Phantom Society, Algon Soft, Paradigm X, le mystérieux esprit Kinap et d’anciennes légendes amérindiennes…

Les similitudes entre Soul Hackers et l’univers Shadowrun sont assez flagrantes : le mélange de cyberpunk et de magie, la présence d’un esprit totem à l’apparence du Coyote, les mégacorporations et les sociétés secrètes, sans oublier la pauvre Hitomi obligée de partager son corps avec une entité numérique (ce qui n’est pas sans évoquer le metaplot en cours dans la cinquième édition de Shadowrun)… Dans une scène, les Spookies se lancent même à l’assaut d’un complexe appartenant à Algon Soft, s’équipant pour l’occasion d’armes à feu, de gilets par balle et de katanas. Bref : un run dans les règles de l’art.

S’il a clairement vieilli, tant au niveau des graphismes que du gameplay, Soul Hackers reste donc une excellente inspiration pour Shadowrun et un jeu à ne pas manquer pour les amateurs de RPG japonais cherchant une ambiance proche de celle du Sixième Monde. Sa récente ressortie sur 3DS en 2013 permet de plus de découvrir le jeu en langue anglaise, alors qu’il n’avait jusque-là jamais franchi les frontières japonaises.

Inspiration Shadowrun : Lorsqu’une decker proche des runners commence à se comporter de manière étrange, changeant drastiquement de personnalité, les runners réalisent que celle-ci est atteinte du mystérieux Trouble de Fragmentation Cognitive. Il semble que leur amie a été possédée par un “fantôme numérique” alors qu’elle effectuait un run matriciel contre la corporation Algon Soft, éditrice d’un jeu en réalité virtuelle appelé Paradigm X. Très vite, l’amie des runners se retrouve la cible d’une mystérieuse organisation se faisant appeler Phantom Society, déterminée à récupérer ou, le cas échéant, détruire cette entité renégate…

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