DocWagon 19 // Jennifer Brozek

Si les derniers romans Shadowrun n’ont pas fait l’unanimité, les nouvelles et fictions augmentées publiées par Catalyst se sont distinguées par leur qualité constante, malgré la diversité des auteurs et des sujets abordés. De Neat à Nothing Personal en passant par Another Rainy Night ou encore The Vladivostok Gauntlet, ces histoires courtes sont souvent une bonne occasion d’explorer une facette particulière du Sixième Monde qui n’aurait pas nécessairement justifiée un roman complet. C’est le cas avec DocWagon 19 de Jennifer Brozek, et c’est encore une fois une excellente surprise.

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Vous connaissez le style de reportage sensationnaliste “à l’américaine”, flirtant avec la télé-réalité en promettant une immersion “au cœur de l’action”, façon Cops ? C’est le genre de reportage que réalise Simone Hart dans son émission Stories with Hart. Enregistrant tout ce que voient ses yeux cybernétiques, Simone va cette semaine se joindre à l’unité 19 de la corporation médicale DocWagon, spécialisée dans les secours à haut risque.

Pendant une nuit qui s’avèrera mouvementée, Simone embarque à bord de “Matilda”, l’ambulance Citymaster de l’unité 19, réalisant des interviews des différents membres de l’unité et expliquant leur quotidien. Takeshi, le chef d’escouade, Gunther, le rigger nain, Odder, la magicienne elfe, Hey Jude, l’ork chargée du soutien armé, ainsi que SIMaeon, le hacker responsable des communications. Chacun a son histoire et ses anecdotes permettant de mettre en lumière le fonctionnement de DocWagon, des différents types d’interventions à la rivalité tenace l’opposant à CrashCart.

Et de fil en aiguille se dessine également une vraie intrigue, un dangereux mystère que Hart et l’unité 19 devront résoudre… face caméra, mais aussi hors-champ.

L’excellente idée de DocWagon 19, c’est d’avoir pris la forme d’une transcription de l’émission de Simone Hart, incluant les retours-plateau, coupures de publicités et autres “messages des sponsors”. Cette structure offre à Jennifer Brozek l’opportunité d’insuffler à son récit une bonne dose d’ironie et d’humour noir évoquant les films de Paul Verhoeven, quand par exemple une réclame d’Ares vante les mérites d’un nouveau pistolet encore plus meurtrier au milieu, rappelons-le, d’un reportage consacré au courage d’ambulanciers de l’extrême déterminés à sauver des vies…

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